De Santoni à 100toni

À une période charnière de ma vie, je fais le point et décide de changer d’activité pour me consacrer à la création. Je crée sans restriction tout en acquérant, petit à petit, un savoir-faire de graphiste. Quelques années plus tard, j’ai suffisamment de créations pour tenter une expo…

J’adore les idées

J’adore avoir des idées. Je ressens physiquement l’instant extraordinaire quand les pièces d’un puzzle onirique s’imbriquent et dévoile l’idée. L’idée dans sa splendeur, l’idée dans sa médiocrité, mais l’idée dans son originalité. Vivre ces instants est comme une drogue recherchée par mon cerveau.

L’utilisation de l’idée vient dans un deuxième temps. Elle a jailli dans certaines circonstances, alors, je l’extrais de son contexte, tente de la voir sous d’autres angles à d’autres moments. Je la comprends, je me l’approprie. Je la travaille comme une matière première, je gratte autour, la triture, la fais évoluer. Je l’aime. J’aime son potentiel, ce qu’elle deviendra.

Par ailleurs, j’ai l’impression de percevoir certaines choses et qu’il m’incombe de les faire ressortir. Par exemple, j’ai souvent envie de dire à chacun : «Réalisez que c’est une chance inouïe d’être vivant. Faites-en quelque chose.» C’est le sens de Estimation… 1 chance sur [un nombre énorme] d’être, d’exister.

Un rêveur, changer le monde, créer

Cette créativité associée au désir d’exprimer des pensées, de délivrer des messages me conduisent à devenir artiste. Mais le cheminement est compliqué car je ne suis pas artiste de formation, je suis électrotechnicien et diplômé de l’IAE. Malgré ces bons diplômes, je ne m’épanouis pas professionnellement jusque au moment où je fais une pause.

Je prends alors le temps de me poser des questions importantes :
– Qui suis-je ?
– Qu’est-ce que je veux ?
– Dans quel domaine puis-je être compétent tout en prenant du plaisir ?
Les réponses sont claires : un rêveur, changer le monde, créer !

C’est tellement évident que je décide de « brûler les bateaux ». Je change de vie et commence à créer. Pour payer le loyer, je travaille les weekends dans une boîte de nuit. Mon niveau de vie baisse nettement, mais je me sens bien. Les idées pleuvent ! Toutes sortes d’idées : produits, services, gags, pensées, réflexions sur la société… J’essaie d’en exploiter certaines et réalise qu’il faut savoir les présenter, travailler l’apparence, le packaging, l’image. Alors je passe du temps, beaucoup de temps, la nuit, seul avec des livres, à apprendre à utiliser Illustrator, un puissant logiciel de dessin vectoriel.

Parallèlement, je griffonne des jeux de mots, des pensées et les mets en forme, plutôt sommairement au début. Je les montre à des proches et leurs avis sont très encourageants. Je continue, j’en trouve d’autres, améliore leur mise en valeur. Cela dure plusieurs années. Jusqu’à ce que je me jette à l’eau et fasse une demande d’inscription au Quai des artistes de Cassis pour l’été 2010.

Quand le hasard s’en mêle

Quelques temps plus tard, je cherche à louer une salle pour organiser une fête à l’occasion de l’anniversaire de ma compagne. Je trouve sur Internet une annonce intéressante. Au téléphone une dame très agréable m’explique qu’elle ne loue plus la salle, maintenant elle organise des concerts, des expositions pour faire découvrir des créateurs…
– Ah bon ? C’est amusant, je suis moi-même créateur.
– Ah oui ? Vous faites quoi ?
– C’est particulier, un travail très graphique basé sur des messages, des pensées.
– Ça à l’air intéressant. Voulez-vous venir me montrer tout ça ?
– Avec plaisir.

Je rencontre donc Tess et Gérard.
Mon travail leur plaît et nous organisons ma première exposition, au Med’s à Marseille. Le jour du vernissage, je suis vert. Tendu comme jamais, craignant des réactions très négatives.

C’est le contraire qui se produit.

Crédits photos : 100toni.

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